La face méconnue de la C.R.C. « foucauldienne » de Georges de Nantes

« Je ne mets pas en cause la religion mais les escrocs qui s’en  servent »  (Khaled) 

Pour le moins atypique est la carrière ecclésiastique de Georges de Nantes, père, dans les années 70, de la Contre-Réforme Catholique, alias Phalange  (appellation non contrôlée) de l’Immaculée, alias etc. c’est selon…, ordonné prêtre par usurpation de recommandation, supérieur autoproclamé d’une communauté mixte dite du Sacré-Cœur à Saint-Parres-lès-Vaudes (Aube) et d’une annexe québécoise, le Centre de Renaissance Catholique à Shawinigan.                                     

Jeune ecclésiastique plein de verve, d’ambition et de brio, né en 1924 dans une respectable famille iséroise, il avait trouvé, avec une conviction apparente, dans la dénonciation deVatican 2, l’occasion d’instrumentaliser la religion à son profit (Dieu le Veult !) et à celui d’une idéologie extrémiste type F.N.  entre autres (là aussi c’est selon…), mettant en application  le proverbe arabe  « Qui médit d’un grand devient important ! ». Ses cibles furent Paul VI et Jean-Paul II. Le prédécesseur de ce dernier,  Jean-Paul 1er, «assassiné », vécut trop peu de temps pour être injurié et insulté, échappant ainsi à une « vindicte » haineuse.

 « Mystique,  politologue engagé, orateur prestigieux », tel le définissait, en 1995, une affiche appelant le public parisien au rendez-vous d’automne d’un mouvement composé, outre de « phalangistes »,de  nostalgiques fondamentalistes du légitimisme catholique au dix-neuvième siècle et de  l’Action Française de Charles Maurras. Quelques centaines de personnes étaient présentes.

Vingt ans plus tôt, ils étaient quelque 2000 à ce meeting, mais la mixture mystico-politique ajoutée à un comportement de transgression sectaire et fanatique ne convenant pas à tous, le nombre fondit rapidement au rythme de scandales et de dérapages vers l’irrationnel et d’apocalyptiques prophéties, vite dénoncés par les médias en même temps que des méthodes de soumission par le décervelage, la culpabilisation, la violence, l’intimidation - selon  un ancien évêque d’Agen, il disposa  d’hommes de main -,  la roublardise, l’affabulation et  le mensonge inquiétaient les familles (conjoints, fiancés, parents, grands-parents).

Ainsi,  grâce encore à l’UNADFI et à un collectif spécifique d’information,  apprenait-on que le mouvement, condamné par l’Eglise catholique, n’était en fait pour le fondateur, prétendument héritier de la spiritualité du Père de Foucauld, qu’un masque pseudo-catholique et le miroir rassurant de ses propres peurs face à lui-même, à l’avenir et à son devenir. « Mon angoisse,  je veux que vous l’ayez-vous aussi »,   répétait-il. L’Eglise ne le reconnaît pas, la République non plus qui l’a catalogué, fin des années 90, comme «l’exemple d’une organisation sectaire complète ».

Abus de confiance avec son cortège de contraintes morales et physiques, cortège parallèle à celui  de pieuses et trompeuses manifestations (pèlerinages, chapelets, retraites etc.), drames familiaux et socioprofessionnels, tentatives d’enfermement psychiatrique (ne supportant pas son anormalité, il la transfère  sur  ses opposants), accusations de tentative de meurtre sur sa   personne,   partisan de la torture en Algérie,    menaces de mort et de malédictions,  maladies psychosomatiques, voire décès, sont à l’actif d’un homme, certes mal dans sa peau d’ecclésiastique, avide d’aimer et d’être aimé… L’affection, il l’avait rencontrée chez ses premiers admirateurs, d’anciens élèves qui, séduits par le personnage et l’apparente logique de son discours, lui furent et lui seront peut-être longtemps encore indéfectiblement attachés. Ils furent ses premières «victimes consentantes», devenus à leur tour - dans l’esprit du «père »  et sans discernement – Le Père a toujours raison !? - manipulateurs, affabulateurs, contribuant aveuglément à l’épanouissement du culte de la personnalité dont leur maître à penser s’était auréolé.

Leur aveuglement, nourri par l’idolâtrie, est tel qu’ils l’imagineraient volontiers  sur les autels auprès de son neveu  Hugues, décédé en 2002 à l’antenne québécoise de la secte et pour lequel  l’évêque de Trois-Rivières n’autorisa pas d’obsèques religieuses.

Leur aveuglement est tel qu’ils auront du mal à s’évader d’un long et tragique enfermement dans une mytho-psychopathie paranoïde.

Pardonner ?  OUI.

Oublier ?  NON.   La tromperie ne peut perdurer !

G. de Nantes
Prêtre    «interdit» 

 

                                           

F.Decaris
sept.-03